ActualitéLe message écologique de Benoît XVI, par le P. Lombardi dans le Message 2008 pour la paix à l'occasion de la Journée pour la Paix du 1 janvier 2008.
« Il faut une alliance entre foi et raison », rappelle le directeur de la salle de presse du Saint-Siège, le P. Federico Lombardi, dans sa présentation, à Radio Vatican, du contenu « écologique » du message 2008 de Benoît XVI pour la paix, où la question écologique tient une bonne place.
Se mobiliser Dans le message de Benoît XVI pour la Journée mondiale de la paix 2008, célébrée le premier jour de l'année, la thématique écologique est soulignée de façon décisive. Le pape ne cache pas sa préoccupation pour la spoliation de leur environnement subi par de nombreuses régions de la planète du fait de l'action de l'homme, et d'une façon qui compromet sérieusement l'écosystème. A partir de cette prise de conscience, le pape invite les hommes de toutes les latitudes à se mobiliser pour défendre la terre, « maison commune » de l'humanité (cf. Zenit du 12 décembre 2007). Préoccupations croissantes C'est d'abord cette expression que souligne le P. Federico Lombardi, en disant : « Percevoir la planète comme la maison commune' : c'est à cette conscience et à cette responsabilité pour notre planète que Benoît XVI invite chacun dans son récent message pour la Journée mondiale de la paix. C'est un sujet qui revient plus fréquemment dans les paroles du pape, en accord avec les préoccupations croissantes de l'humanité pour l'environnement ». Appauvrissement irréparable Et de préciser à propos du rapport entre pays riches et pauvres, du point de vue de l'écologie : « Jusqu'à il y a quelque temps, le thème de l'environnement pouvait passer pour une préoccupation des riches plus que des pauvres, des pays développés plutôt que des pays plus en retard, pour lesquels en revanche le développement économique était une priorité absolue. Réglementer ce développement ou le limiter apparaissait comme un luxe, une façon de maintenir les faibles dans la sujétion. Maintenant, les fréquents désastres dus aux déséquilibres environnementaux, frappent plus durement ceux qui ont moins de moyens pour se défendre et la conscience d'un appauvrissement irréparable des ressources des pays les plus faibles grandit ». Gestion des ressources énergétiques de la planète « Aujourd'hui, l'humanité craint pour l'avenir de l'équilibre écologique », dit le message de Benoît XVI. C'est pourquoi le pape en appelle à la solidarité, souligne le P. Lombardi : « A cette constatation, le pape relie un appel moral fort à la solidarité, sur la base de la reconnaissance de la destination universelle des biens de la Création, qui concerne aussi les pauvres et les générations à venir. Il invite au dialogue, à l'étude scientifique sérieuse des problèmes, sans « accélérations idéologiques », à la sagesse dans la recherche de « modèles de développement durable », et, très concrètement, propose un dialogue plus intense entre les Nations sur la « gestion des ressources énergétiques de la planète ». « Encore une fois, conclut le P. Lombardi : se savoir créés par Dieu nous rend responsables devant lui et devant les autres, mais c'est aussi par l'effort de raison et de dialogue que nous devons trouver les voies praticables pour l'avenir de la famille humaine, dans cette maison commune qui est la nôtre. Il faut une alliance entre foi et raison ». Anita S. Bourdin à Rome pour l'agnence ZENIT.ORG mardi le 8 janvier 2008. Tiré de SME-Infonet http://www.webzinemaker.com/sme/, webzine publié par la Société des prêtres du Séminaire de Québec.
Rédigé par Hermann Giguère le Mercredi 9 Janvier 2008
DocumentsSébastien, 36 ans, est chauffeur de taxi à Sens en France. C’est dans le cadre de son travail que Dieu est venu le rejoindre, par la rencontre de Fernando, qui nous a vécu ui-même une conversion il y a quelques années.
Un jour, je pris en course à Roissy une famille qui arrivait de létranger. Et cette course allait changer ma vie
Fernando arrivait en France pour raison professionnelle et il parlait très peu notre langue. Je me proposai de laider et, très vite, une amitié est née entre nous. Fernando sest mis à me témoigner de sa foi. Or, je ne croyais pas en Dieu. Javais perdu mes parents très jeune, et avais, du coup, vécu une enfance très mouvementée Non, Dieu ne pouvait pas exister ! Mais le fait dentendre une personne cartésienne, cultivée et occupant un poste à responsabilité témoigner avec ferveur de sa foi, mintriguait beaucoup. Il en parlait dune façon si naturelle ! Son attitude a éveillé en moi une vraie curiosité. Comme il était mon ami, je me suis demandé ce qui pourrait lui faire plaisir. Aller à Lourdes ? Nous y sommes partis avec sa famille. Ils étaient en effet très émus. De mon côté, jai simplement passé un bon week-end. Pour me remercier, Fernando ma invité à Paray-le-Monial, "là où le Christ est apparu et a fait voir son cur aux hommes", me dit-il. Jessayai desquiver linvitation par tous les moyens, en vain. Fernando ma accompagné là-bas et il est resté une journée avec moi. Après son départ, je me suis senti très seul. Placé au fond du chapiteau, jai entendu un prêtre expliquer : « Lorsquon vient à Paray-le-Monial, il se passe toujours quelque chose. On ne repart jamais seul. » Je le pris au mot et me tournai vers Dieu : « Jai fait leffort de venir « chez toi ». Alors, si tu ne te manifestes pas, cest que jai eu raison de penser que tu nexistais pas. Si rien ne se passe, je men vais. » Jétais venu à moto. Elle nétait pas loin, mes bagages non plus. Mon cri vers Dieu semblait rester sans réponse Je traversai donc la prairie, déterminé à partir lorsque quelquun me tapa sur lépaule. Cétait un motard qui me demanda : « Que fais-tu ? » « Je men vais ! » « Cest bien dommage, me répond-il, mapprenant quil était prêtre. Je suis venu dans la région pour rendre visite à ma famille. Et comme jentends parler de Paray-le-Monial depuis longtemps, je me suis arrêté. » Cétait le signe que jattendais : un motard, prêtre de surcroît, qui était là « par hasard » Immédiatement, je crus en lexistence de Dieu. Au cours de cette semaine, moi qui ne suis jamais malade, jai beaucoup souffert physiquement : un combat sétait engagé en moi entre le bien et le mal. Un jour de cette session, alors que je priais, une dame sapprocha de moi : « Je dois vous dire quil faut que vous alliez à Lisieux. » Par curiosité, je my suis rendu au Noël suivant. Au seuil de la basilique pleine à craquer, un prêtre ma accueilli par ces mots : « Vous êtes venu seul, et de loin ; il va se passer des choses pour vous ! » En rentrant de Lisieux, jai décidé dentrer en catéchuménat. Aujourdhui, ayant appris que javais été baptisé, je me prépare avec joie à la première communion. Publié dans la revue Il est vivant ! n° 245 Tiré de SME-Infonet http://www.webzinemaker.com/sme/, webzine publié par la Société des prêtres du Séminaire de Québec.
Rédigé par Hermann Giguère le Mardi 8 Janvier 2008
RéflexionsTélesphore Gagnon, p.s.s. Directeur du Département de philosophie de l'Institut de Formation Théologique de Montréal, Grand Séminaire de Montréal
Après avoir vécu trois siècles sous le principe de catholicité, il est difficile maintenant d'apprendre à vivre sous le principe de laïcité énoncé il y a deux mille ans : « rendez à césar ce qui est à césar, et à dieu ce qui est à dieu ». Mais encore faut-il comprendre ce principe, d'une manière générale, dans la société, dans l'état et chez les individus. En général, le principe de laïcité signifie distinction entre communauté politique et religions. Mais distinction ne veut pas dire ignorance! Laïcité ne veut pas dire laïcisme! Il serait réducteur de lire l'histoire en oubliant ce que le christianisme a apporté à la culture et aux institutions occidentales : la dignité de la personne humaine, la liberté, l'éducation, les uvres de solidarité. Sans sous-estimer les autres traditions religieuses, il reste que l'Occident s'est affirmé en même temps qu'il était évangélisé.
Dans la société, tout le monde s'accorde à respecter le sentiment religieux des individus, mais il faudrait en dire autant du « fait religieux », celui de la dimension sociale des religions. La démarche religieuse de l'homme ne peut pas être considérée comme un simple sentiment personnel. La nature profonde de l'homme est d'être à la fois personnelle et sociale dans toutes ses dimensions, y compris dans sa dimension spirituelle. La religion ne peut pas être uniquement cantonnée dans la sphère du privé. Ce serait rejeter tout ce qu'elle a de collectif dans sa vie propre et dans les actions sociales et caritatives qu'elle mène au sein même de la société envers toutes les personnes, sans distinction de croyances philosophiques ou religieuses. Tout chrétien ou tout adepte d'une religion a le droit, dans la mesure où cela ne remet pas en cause la sécurité et la légitime autorité de l'État, d'être respecté dans ses convictions et dans ses pratiques, au nom de la liberté religieuse, qui est un des aspects fondamentaux de la liberté de conscience. Une religion suscitera le dynamisme de la majorité de la population d'un pays si elle a été entretenue pendant plusieurs générations en tant qu'elle a imprégné pendant des siècles toute l'évolution du système social. On ne peut pas remplacer le christianisme par quelqu'autre religion qui commence à s'y enraciner. Notre société a vécu jusqu'à nos jours sur un terreau de chrétienté dont les idées et les préceptes sont toujours irremplaçables. Du côté de l'État, le principe de laïcité implique la nécessité d'une juste séparation des pouvoirs. Il y a une différence entre une légitime et saine laïcité et un type de laïcisme idéologique ou de séparation hostile entre les institutions civiles et les confessions religieuses. Il ne s'agit pas d'un retour à des formes d'État confessionnel. La référence publique à la foi ne peut porter atteinte à la juste autonomie de l'État et des institutions civiles. Si historiquement des erreurs ont été commises, même chez les croyants, il faut bien le reconnaître, cela ne doit pas être porté au compte des « racines chrétiennes », mais de l'incohérence des chrétiens. Enfin, du côté de l'individu, la société doit pouvoir admettre que des personnes puissent faire état de leur appartenance religieuse dans le respect d'autrui et des lois du pays. Sinon on court le danger d'un repliement identitaire et sectaire ainsi que de la montée de l'intolérance, au risque d'entraver la convivialité et la concorde au sein de la société. Vécue dans le respect de la saine laïcité, la démarche religieuse est une source de dynamisme et de promotion de l'homme. La laïcité, bien comprise, loin d'être le lieu d'un affrontement, est véritablement l'espace pour un dialogue constructif, dans l'esprit des valeurs de liberté, d'égalité et de fraternité. le 31 décembre 2007 9:59:09 PM sur le site missa.org Tiré de SME-Infonet http://www.webzinemaker.com/sme/, webzine publié par la Société des prêtres du Séminaire de Québec.
Rédigé par Télesphore Gagnon le Samedi 5 Janvier 2008
RéflexionsSur le sujet de la place du christianisme dans l'histoire de l'Occident, un compte rendu des plus intéressants du livre de Paul Veyne: Quand le monde est devenu chrétien (313-394), Paris, Éditions Albin Michel, « Idées », 2007, 320 p. (ISBN 978-2-226-17609-7). Paul Veyne, né le 13 juin 1930 à Aix-en-Provence, est un archéologue et historien français, spécialiste de la Rome antique. Ancien élève de l'École normale supérieure, membre de l'École française de Rome (1955-1957), il est professeur honoraire au Collège de France.
Christian Rioux intitule son compte rendu dans le journal Le Devoir du 21 décembre 2007 "Lettre d'un incroyant". "L'ouvrage a beau s'intéresser au premier empereur chrétien, Constantin, j'en recommanderais la lecture à tous les membres de la commission Bouchard-Taylor et même à quelques chroniqueurs. Disons d'abord, écrit Christian Rioux, pour éviter toute confusion, qu'il s'agit du livre d'un 'incroyant'. L'auteur le précise dès l'introduction. Incroyant, mais pas inculte. À l'heure où la mode consiste à dénigrer tout ce qui ressemble à un catholique, n'est-il pas fascinant de voir un incroyant décrire le christianisme dans des mots que n'oserait plus prononcer un évêque?"
Et après avoir résumé le propos de Paul Veyne (cliquez ici pour avoir tout le texte de Christian Rioux en format PDF), le journaliste chroniqueur fait une application bien concrète. "Quand notre monde est devenu chrétien est la démonstration sublime qu'un enseignement laïque des religions ne trouve son sens que dans le cadre d'un rigoureux programme d'histoire et non dans des cours bêtement destinés à prêcher la tolérance. Il devrait intéresser les Québécois plus que n'importe qui. On ne trouve pas beaucoup de nations dont la courte existence ait été autant façonnée par les idées chrétiennes. C'est en partie sur elles que fleurit notre laïcité. C'est un incroyant qui le dit! Un incroyant qui pourrait même vous souhaiter joyeux Noël..." Christian Rioux est chroniqueur et journaliste au journal "Le Devoir". En poste à Paris depuis plusieurs années, il commente lactualité française et québécoise dune façon stimulante qui tranche avec les opinions communes sur plusieurs questions dimportance pour le Québec et son avenir. Après avoir proposé en 2001 un "Voyage à lintérieur des petites nations" (Boréal), où il sintéressait à ces petits peuples qui incarnent au sens fort la diversité du monde, il a récemment rassemblé plusieurs de ses écrits sur les États-Unis dans "Carnets dAmérique" (Boréal). Christian Rioux est aussi associé à l'Observatoire sur les États-Unis de la Chaire Raoul-Dandurand en études stratégiques et diplomatiques de l'Université du Québec à Montréal. Son expertise porte sur la politique internationale, la politique étrangère américaine et européenne, les relations Europe Amérique, la situation des peuples minoritaires. Texte complet de Christian Rioux en format PDF Tiré de SME-Infonet http://www.webzinemaker.com/sme/, webzine publié par la Société des prêtres du Séminaire de Québec.
Rédigé par Christian Rioux le Dimanche 23 Décembre 2007
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Voir et écouter le président Sarkozy lors de sa rencontre à Paris avec le cardinal Vingt-Trois
Vidéo de l'accueil du président Sarkozy à la basilique St-Jean de Latran Discours de Nicolas Sarkozy au Palais du Latran Rome, Palais du Latran, jeudi 20 décembre 2007 Source : Elysée *** Messieurs les cardinaux, Mesdames et Messieurs, Chers amis, Permettez-moi dadresser mes premières paroles au cardinal Ruini, pour le remercier très chaleureusement de la cérémonie quil vient de présider. Jai été sensible aux prières quil a bien voulu offrir pour la France et le bonheur de son peuple. Je veux le remercier également pour laccueil quil ma réservé dans cette cathédrale de Rome, au sein de son chapitre. Je vous serais également reconnaissant, Eminence, de bien vouloir transmettre à sa Sainteté Benoît XVI mes sincères remerciements pour louverture de son palais pontifical qui nous permet de nous retrouver ce soir. Laudience que le Saint Père ma accordée ce matin a été pour moi un moment démotion et de très grand intérêt. Je renouvelle au Saint Père lattachement que je porte à son projet de déplacement en France au deuxième semestre de lannée 2008. En tant que Président de tous les Français, je suis comptable des espoirs que cette perspective suscite chez mes concitoyens catholiques et dans de nombreux diocèses. Quelles que soient les étapes de son séjour, Benoît XVI sera le bienvenu en France. *** En me rendant ce soir à Saint-Jean de Latran, en acceptant le titre de chanoine dhonneur de cette basilique, qui fut conféré pour la première fois à Henri IV et qui sest transmis depuis lors à presque tous les chefs dEtat français, jassume pleinement le passé de la France et ce lien si particulier qui a si longtemps uni notre nation à lEglise. Cest par le baptême de Clovis que la France est devenue Fille aînée de lEglise. Les faits sont là. En faisant de Clovis le premier souverain chrétien, cet événement a eu des conséquences importantes sur le destin de la France et sur la christianisation de lEurope. A de multiples reprises ensuite, tout au long de son histoire, les souverains français ont eu loccasion de manifester la profondeur de lattachement qui les liait à lEglise et aux successeurs de Pierre. Ce fut le cas de la conquête par Pépin le Bref des premiers Etats pontificaux ou de la création auprès du Pape de notre plus ancienne représentation diplomatique. Au-delà de ces faits historiques, cest surtout parce que la foi chrétienne a pénétré en profondeur la société française, sa culture, ses paysages, sa façon de vivre, son architecture, sa littérature, que la France entretient avec le siège apostolique une relation si particulière. Les racines de la France sont essentiellement chrétiennes. Et la France a apporté au rayonnement du christianisme une contribution exceptionnelle. Contribution spirituelle et morale par le foisonnement de saints et de saintes de portée universelle : saint Bernard de Clairvaux, saint Louis, saint Vincent de Paul, sainte Bernadette de Lourdes, sainte Thérèse de Lisieux, saint Jean-Marie Vianney, Frédéric Ozanam, Charles de Foucauld Contribution littéraire et artistique : de Couperin à Péguy, de Claudel à Bernanos, Vierne, Poulenc, Duruflé, Mauriac ou encore Messiaen. Contribution intellectuelle, si chère à Benoît XVI, Blaise Pascal, Jacques Bénigne Bossuet, Jacques Maritain, Emmanuel Mounier, Henri de Lubac, René Girard Quil me soit permis de mentionner également lapport déterminant de la France à larchéologie biblique et ecclésiale, ici à Rome, mais aussi en Terre sainte, ainsi quà lexégèse biblique, avec en particulier lEcole biblique et archéologique française de Jérusalem. Je veux aussi évoquer parmi vous ce soir la figure du cardinal Jean-Marie Lustiger qui nous a quittés cet été. Son rayonnement et son influence ont eux aussi très largement dépassé les frontières de la France. Jai tenu à participer à ses obsèques car aucun Français nest resté indifférent au témoignage de sa vie, à la force de ses écrits, au mystère de sa conversion. Pour tous les catholiques, sa disparition a représenté une grande peine. Debout à côté de son cercueil, jai vu défilé ses frères dans lépiscopat et les nombreux prêtres de son diocèse, et jai été touché par lémotion qui se lisait sur le visage de chacun. *** Cette profondeur de linscription du christianisme dans notre histoire et dans notre culture, se manifeste ici à Rome par la présence jamais interrompue de Français au sein de la Curie, aux responsabilités les plus éminentes. Je veux saluer ce soir le cardinal Etchegaray, le cardinal Poupard, le cardinal Tauran, Monseigneur Mamberti, dont laction honore la France. Les racines chrétiennes de la France sont aussi visibles dans ces symboles que sont les Pieux établissements, la messe annuelle de la Sainte-Lucie et celle de la chapelle Sainte-Pétronille. Et puis il y a bien sûr cette tradition qui fait du Président de la République française le chanoine dhonneur de Saint-Jean de Latran. Saint-Jean de Latran, ce nest pas rien. Cest la cathédrale du Pape, cest la « tête et la mère de toutes les églises de Rome et du monde », cest une église chère au cur des Romains. Que la France soit liée à lEglise catholique par ce titre symbolique, cest la trace de cette histoire commune où le christianisme a beaucoup compté pour la France et la France beaucoup compté pour le christianisme. Et cest donc tout naturellement, comme le Général de Gaulle, comme Valéry Giscard dEstaing, et plus récemment Jacques Chirac, que je suis venu minscrire avec bonheur dans cette tradition. *** Tout autant que le baptême de Clovis, la laïcité est également un fait incontournable dans notre pays. Je sais les souffrances que sa mise en uvre a provoquées en France chez les catholiques, chez les prêtres, dans les congrégations, avant comme après 1905. Je sais que linterprétation de la loi de 1905 comme un texte de liberté, de tolérance, de neutralité est en partie une reconstruction rétrospective du passé. Cest surtout par leur sacrifice dans les tranchées de la Grande guerre, par le partage des souffrances de leurs concitoyens, que les prêtres et les religieux de France ont désarmé lanticléricalisme ; et cest leur intelligence commune qui a permis à la France et au Saint-Siège de dépasser leurs querelles et de rétablir leurs relations. Pour autant, il nest plus contesté par personne que le régime français de la laïcité est aujourdhui une liberté : liberté de croire ou de ne pas croire, liberté de pratiquer une religion et liberté den changer, liberté de ne pas être heurté dans sa conscience par des pratiques ostentatoires, liberté pour les parents de faire donner à leurs enfants une éducation conforme à leurs convictions, liberté de ne pas être discriminé par ladministration en fonction de sa croyance. C'est nous qui soulignons La France a beaucoup changé. Les Français ont des convictions plus diverses quautrefois. Dès lors la laïcité saffirme comme une nécessité et une chance. Elle est devenue une condition de la paix civile. Et cest pourquoi le peuple français a été aussi ardent pour défendre la liberté scolaire que pour souhaiter linterdiction des signes ostentatoires à lécole. Cela étant, la laïcité ne saurait être la négation du passé. Elle na pas le pouvoir de couper la France de ses racines chrétiennes. Elle a tenté de le faire. Elle naurait pas dû. Comme Benoît XVI, je considère quune nation qui ignore lhéritage éthique, spirituel, religieux de son histoire commet un crime contre sa culture, contre ce mélange dhistoire, de patrimoine, dart et de traditions populaires, qui imprègne si profondément notre manière de vivre et de penser. Arracher la racine, cest perdre la signification, cest affaiblir le ciment de lidentité nationale, et dessécher davantage encore les rapports sociaux qui ont tant besoin de symboles de mémoire. Cest pourquoi nous devons tenir ensemble les deux bouts de la chaîne : assumer les racines chrétiennes de la France, et même les valoriser, tout en défendant la laïcité enfin parvenue à maturité. Voilà le sens de la démarche que jai voulu accomplir ce soir à Saint-Jean de Latran. *** Le temps est désormais venu que, dans un même esprit, les religions, en particulier la religion catholique qui est notre religion majoritaire, et toutes les forces vives de la nation regardent ensemble les enjeux de lavenir et non plus seulement les blessures du passé. Je partage lavis du pape quand il considère, dans sa dernière encyclique, que lespérance est lune des questions les plus importantes de notre temps. Depuis le siècle des Lumières, lEurope a expérimenté beaucoup didéologies. Elle a mis successivement ses espoirs dans lémancipation des individus, dans la démocratie, dans le progrès technique, dans lamélioration des conditions économiques et sociales, dans la morale laïque. Elle sest fourvoyée gravement dans le communisme et dans le nazisme. Aucune de ces différentes perspectives que je ne mets évidemment pas sur le même plan - na été en mesure de combler le besoin profond des hommes et des femmes de trouver un sens à lexistence. Bien sûr, fonder une famille, contribuer à la recherche scientifique, enseigner, se battre pour des idées, en particulier si ce sont celles de la dignité humaine, diriger un pays, cela peut donner du sens à une vie. Ce sont ces petites et ces grandes espérances « qui, au jour le jour, nous maintiennent en chemin » pour reprendre les termes même de lencyclique du Saint Père. Mais elles ne répondent pas pour autant aux questions fondamentales de lêtre humain sur le sens de la vie et sur le mystère de la mort. Elles ne savent pas expliquer ce qui se passe avant la vie et ce qui se passe après la mort. Ces questions sont de toutes les civilisations et de toutes les époques. Et ces questions essentielles nont rien perdu de leur pertinence. Bien au contraire. Les facilités matérielles de plus en plus grandes qui sont celles des pays développés, la frénésie de consommation, laccumulation de biens, soulignent chaque jour davantage laspiration profonde des femmes et des hommes à une dimension qui les dépasse, car moins que jamais elles ne la comblent. « Quand les espérances se réalisent, poursuit Benoît XVI, il apparaît clairement quen réalité, ce nest pas la totalité. Il paraît évident que lhomme a besoin dune espérance qui va au-delà. Il paraît évident que seul peut lui suffire quelque chose dinfini, quelque chose qui sera toujours ce quil ne peut jamais atteindre. [ ] Si nous ne pouvons espérer plus que ce qui est accessible, ni plus que ce quon peut espérer des autorités politiques et économiques, notre vie se réduit à être privée despérance ». Ou encore, comme lécrivit Héraclite, « Si lon nespère pas linespérable, on ne le reconnaîtra pas ». Ma conviction profonde, dont jai fait part notamment dans ce livre dentretiens que jai publié sur la République, les religions et lespérance, cest que la frontière entre la foi et la non-croyance nest pas et ne sera jamais entre ceux qui croient et ceux qui ne croient pas, parce quelle traverse en vérité chacun de nous. Même celui qui affirme ne pas croire ne peut soutenir en même temps quil ne sinterroge pas sur lessentiel. Le fait spirituel, cest la tendance naturelle de tous les hommes à rechercher une transcendance. Le fait religieux, cest la réponse des religions à cette aspiration fondamentale. Or, longtemps la République laïque a sous-estimé limportance de laspiration spirituelle. Même après le rétablissement des relations diplomatiques entre la France et le Saint-Siège, elle sest montrée plus méfiante que bienveillante à légard des cultes. Chaque fois quelle a fait un pas vers les religions, quil sagisse de la reconnaissance des associations diocésaines, de la question scolaire, des congrégations, elle a donné le sentiment quelle agissait parce quelle ne pouvait pas faire autrement. Ce nest quen 2002 quelle a accepté le principe dun dialogue institutionnel régulier avec lEglise catholique. Quil me soit également permis de rappeler les critiques virulentes dont jai été lobjet au moment de la création du Conseil français du culte musulman. Aujourdhui encore, la République maintient les congrégations sous une forme de tutelle, refuse de reconnaître un caractère cultuel à laction caritative ou aux moyens de communication des Eglises, répugne à reconnaître la valeur des diplômes délivrés dans les établissements denseignement supérieur catholique alors que la Convention de Bologne le prévoit, naccorde aucune valeur aux diplômes de théologie. Je pense que cette situation est dommageable pour notre pays. Bien sûr, ceux qui ne croient pas doivent être protégés de toute forme dintolérance et de prosélytisme. Mais un homme qui croit, cest un homme qui espère. Et lintérêt de la République, cest quil y ait beaucoup dhommes et de femmes qui espèrent. La désaffection progressive des paroisses rurales, le désert spirituel des banlieues, la disparition des patronages, la pénurie de prêtres, nont pas rendu les Français plus heureux. Cest une évidence. Et puis je veux dire également que, sil existe incontestablement une morale humaine indépendante de la morale religieuse, la République a intérêt à ce quil existe aussi une réflexion morale inspirée de convictions religieuses. Dabord parce que la morale laïque risque toujours de sépuiser ou de se changer en fanatisme quand elle nest pas adossée à une espérance qui comble laspiration à linfini. Ensuite parce quune morale dépourvue de liens avec la transcendance est davantage exposée aux contingences historiques et finalement à la facilité. Comme lécrivait Joseph Ratzinger dans son ouvrage sur lEurope, « le principe qui a cours maintenant est que la capacité de lhomme soit la mesure de son action. Ce que lon sait faire, on peut également le faire ». A terme, le danger est que le critère de léthique ne soit plus dessayer de faire ce que lon doit faire, mais de faire ce que lon peut faire. Cest une très grande question. Dans la République laïque, lhomme politique que je suis na pas à décider en fonction de considérations religieuses. Mais il importe que sa réflexion et sa conscience soient éclairées notamment par des avis qui font référence à des normes et à des convictions libres des contingences immédiates. Toutes les intelligences, toutes les spiritualités qui existent dans notre pays doivent y prendre part. Nous serons plus sages si nous conjuguons la richesse de nos différentes traditions. Cest pourquoi jappelle de mes vux lavènement dune laïcité positive, cest-à-dire une laïcité qui, tout en veillant à la liberté de penser, à celle de croire et de ne pas croire, ne considère pas que les religions sont un danger, mais plutôt un atout. Il ne sagit pas de modifier les grands équilibres de la loi de 1905. Les Français ne le souhaitent pas et les religions ne le demandent pas. Il sagit en revanche de rechercher le dialogue avec les grandes religions de France et davoir pour principe de faciliter la vie quotidienne des grands courants spirituels plutôt que de chercher à la leur compliquer. C'est nous qui soulignons *** Messieurs les cardinaux, Mesdames et Messieurs, au terme de mon propos, et à quelques jours de cette fête de Noël qui est toujours un moment où lon se recentre sur ce qui est le plus cher dans sa vie, je voudrais me tourner vers ceux dentre vous qui sont engagés dans les congrégations, auprès de la Curie, dans le sacerdoce et lépiscopat ou qui suivent actuellement leur formation de séminariste. Je voudrais vous dire très simplement les sentiments que minspirent vos choix de vie. Je mesure les sacrifices que représente une vie toute entière consacrée au service de Dieu et des autres. Je sais que votre quotidien est ou sera parfois traversé par le découragement, la solitude, le doute. Je sais aussi que la qualité de votre formation, le soutien de vos communautés, la fidélité aux sacrements, la lecture de la Bible et la prière, vous permettent de surmonter ces épreuves. Sachez que nous avons au moins une chose en commun : cest la vocation. On nest pas prêtre à moitié, on lest dans toutes les dimensions de sa vie. Croyez bien quon nest pas non plus Président de la République à moitié. Je comprends que vous vous soyez sentis appelés par une force irrépressible qui venait de lintérieur, parce que moi-même je ne me suis jamais assis pour me demander si jallais faire ce que jai fait, je lai fait. Je comprends les sacrifices que vous faites pour répondre à votre vocation parce que moi-même je sais ceux que jai faits pour réaliser la mienne. Ce que je veux vous dire ce soir, en tant que Président de la République, cest limportance que jattache à ce que vous faites et à ce que vous êtes. Votre contribution à laction caritative, à la défense des droits de lhomme et de la dignité humaine, au dialogue inter-religieux, à la formation des intelligences et des curs, à la réflexion éthique et philosophique, est majeure. Elle est enracinée dans la profondeur de la société française, dans une diversité souvent insoupçonnée, tout comme elle se déploie à travers le monde. Je veux saluer notamment nos congrégations, les Pères du Saint-Esprit, les Pères Blancs et les Surs Blanches, les fils et filles de la charité, les franciscains missionnaires, les jésuites, les dominicains, la Communauté de SantEgidio qui a une branche en France, toutes ces communautés, qui, dans le monde entier, soutiennent, soignent, forment, accompagnent, consolent leur prochain dans la détresse morale ou matérielle. En donnant en France et dans le monde le témoignage dune vie donnée aux autres et comblée par lexpérience de Dieu, vous créez de lespérance et vous faites grandir des sentiments nobles. Cest une chance pour notre pays, et le Président que je suis le considère avec beaucoup dattention. Dans la transmission des valeurs et dans lapprentissage de la différence entre le bien et le mal, linstituteur ne pourra jamais remplacer le pasteur ou le curé, même sil est important quil sen approche, parce quil lui manquera toujours la radicalité du sacrifice de sa vie et le charisme dun engagement porté par lespérance. Je veux évoquer la mémoire des moines de Tibhérine et de Monseigneur Pierre Claverie, dont le sacrifice portera un jour des fruits de paix, jen suis convaincu. LEurope a trop tourné le dos à la Méditerranée alors même quune partie de ses racines y plongent et que les pays riverains de cette mer sont au croisement dun grand nombre denjeux du monde contemporain. Jai voulu que la France prenne linitiative dune Union de la Méditerranée. Sa situation géographique tout comme son passé et sa culture ly conduisent naturellement. Dans cette partie du monde où les religions et les traditions culturelles exacerbent souvent les passions, où le choc des civilisations peut rester à létat de fantasme ou basculer dans la réalité la plus tragique, nous devons conjuguer nos efforts pour atteindre une coexistence paisible, respectueuse de chacun sans renier nos convictions profondes, dans une zone de paix et de prospérité. Cette perspective rencontre, me semble-t-il, lintérêt du Saint-Siège. Mais ce que jai le plus à cur de vous dire, cest que dans ce monde paradoxal, obsédé par le confort matériel, tout en étant chaque jour de plus en plus en quête de sens et didentité, la France a besoin de catholiques convaincus qui ne craignent pas daffirmer ce quils sont et ce en quoi ils croient. La campagne électorale de 2007 a montré que les Français avaient envie de politique pour peu quon leur propose des idées, des projets, des ambitions. Ma conviction est quils sont aussi en attente de spiritualité, de valeurs, despérance. Henri de Lubac, ce grand ami de Benoît XVI, « La vie attire, comme la joie ». Cest pourquoi la France a besoin de catholiques heureux qui témoignent de leur espérance. Depuis toujours, la France rayonne à travers le monde par la générosité et lintelligence. Cest pourquoi elle a besoin de catholiques pleinement chrétiens, et de chrétiens pleinement actifs. La France a besoin de croire à nouveau quelle na pas à subir lavenir, parce quelle a à le construire. Cest pourquoi elle a besoin du témoignage de ceux qui, portés par une espérance qui les dépasse, se remettent en route chaque matin pour construire un monde plus juste et plus généreux. Jai offert ce matin au Saint Père deux éditions originales de Bernanos. Permettez-moi de conclure avec lui : « Lavenir est quelque chose qui se surmonte. On ne subit pas lavenir, on le fait [ ] Loptimisme est une fausse espérance à lusage des lâches [ ]. Lespérance est une vertu, une détermination héroïque de lâme. La plus haute forme de lespérance, cest le désespoir surmonté ». Comme je comprends lattachement du pape à ce grand écrivain quest Bernanos ! Voir et écouter le président Sarkozy lors de sa rencontre à Paris avec le cardinal Vingt-Trois Vidéo de l'accueil du président Sarkozy à la basilique St-Jean de Latran Tiré de SME-Infonet http://www.webzinemaker.com/sme/, webzine publié par la Société des prêtres du Séminaire de Québec.
Rédigé par Président Nicolas Sarkosy le Samedi 22 Décembre 2007
ActualitéL'arbre qui se dresse à droite de la grande crèche encore en construction et au pied de l'obélisque, n'a pas moins de 140 ans, il mesure 26 mètres et pèse 3 tonnes. Il a fallu 2000 boules lumineuses pour le décorer, nous apprend l'agence de presse Zenit.
Le sapin de Noël qui orne la place Saint-Pierre pour ce Noël 2007 est un don de la région de la Province autonome italienne de Bozen-Bolzano, près de la frontière autrichienne.
Le pape a reçu, le 14 décembre 2007, la délégation du Südtirol italien, et de la commune de Saint-Martin in Thurn, dans la Gadertal-Val Badia, qui a offert l'arbre de Noël de la place Saint-Pierre. Regardez le sapin dans cette vidéo de H2Onews. Cet arbre, soulignait le pape à cette occasion, « a été coupé sans dommage pour la forêt ». Et, « artistiquement décoré, il demeurera aux côtés de la crèche tout au long des fêtes ». « Il symbolise la naissance du Christ, disait le pape, car ces aiguilles toujours vertes sont comme la vie qui ne meurt pas. Le sapin est aussi un signe de la religiosité populaire de ces vallées ». Benoît XVI a encouragé une nouvelle fois la tradition de l'arbre et de la crèche qui « appartiennent à la féerie de Noël », « patrimoine spirituel des communautés chrétiennes ». Pour le pape, Noël est caractérisé par « un climat de douce religiosité et d'intimité familiale qu'il convient de protéger dans une société où la frénésie de consommation et la recherche des biens matériels semblent dominer ». « Noël, insistait le pape, est une fête spécifiquement chrétienne » et ses symboles, la crèche et l'arbre décoré, « renvoient aux grands mystères de l'incarnation et de la naissance du Christ » de la liturgie de l'Avent et de Noël. L'illumination du sapin de Noël a été présidée, vendredi 14 décembre 2007, par le président du Gouvernorat de l'Etat de la Cité du Vatican, le cardinal Giovanni Lajolo, en présence des autorités de la Province autonome. Quant à la crèche sur la Place Saint-Pierre, elle sera inaugurée, comme c'est la tradition, le 24 décembre, et restera sur la place Saint-Pierre jusqu'au 2 février, fête de la Présentation de l'Enfant Jésus au Temple de Jérusalem. Rappelons que cette tradition de l'arbre de Noël et de la crèche place Saint-Pierre a été voulue par Jean-Paul II en 1982. Benoît XVI a repris cette tradition, et il a souligné la valeur de la tradition des crèches et des arbres de Noël en disant : « la crèche n'est pas seulement un élément de spiritualité', mais aussi de la culture et de l'art' ». Pour ce qui est de la crèche de la Place Saint-Pierre, les 9 personnages de la Sainte famille viennent traditionnellement d'une crèche donnée par saint Vincent Palotti : ils avaient été réalisés en 1842 pour l'église Sant'Andrea della Valle, au cur de Rome. Par la suite, 8 autres sujets ont été ajoutés, notamment une famille traditionnelle polonaise. Comme en 2006, les Rois mages et une douzaine de figurants ont été prêtés par l'association « Amis de la Crèche » de Tesero, un petit bourg du Val di Fiemme, dans la région de Trente, qui défend cet artisanat depuis plus de quarante ans, grâce à la collaboration de la région de Trente et du Vatican. Cette année, la crèche accueillera aussi 4 anges du Mexique. Chaque année, le projet de crèche est nouveau, il est choisi parmi différents projets proposés par les ingénieurs et architectes de la Cité du Vatican. Extraits de l'article d'Anita S. Bourdin dans Zenit du 12 décembre 2007 et des paroles du pape à l'angélus du dimanche le 16 décembre 2007. Regardez le sapin de la Place Saint-Pierre pour Noël 2007. Tiré de SME-Infonet http://www.webzinemaker.com/sme/, webzine publié par la Société des prêtres du Séminaire de Québec.
Rédigé par Hermann Giguère le Lundi 17 Décembre 2007
RéflexionsDans un article intitulé "Les fonds souverains volent au secours des banques" le journal LE MONDE pose la question: est-on à la veille d'une large recomposition de l'actionnariat des banques mondiales ? On trouvera à la fin de cet article la liste des principaux fonds souverains qui existent actuellement.
Après le numéro un mondial Citigroup, écrit le journal, les britanniques Barclays et Standard Chartered, ou le bancassureur belgo-néerlandais Fortis, au cours des dernières semaines, l'Union des banques suisses (UBS), fleuron du capitalisme helvétique, a annoncé, lundi 10 décembre, l'arrivée à son capital d'un fonds souverain. Un fonds public émirati, Investment Corporation of Dubai, a, pour sa part, discuté cette semaine des perspectives de "coopération" avec la banque américaine d'investissement JP Morgan.
Ces fonds souverains viennent à la rescousse d'une industrie bancaire déstabilisée par la crise des subprimes, ces crédits immobiliers à risques américains qui ont déjà coûté 80 milliards de dollars aux banques (54,3 milliards d'euros). Ainsi, l'Agence d'investissement du gouvernement de Singapour (GIC) va investir 11 milliards de francs suisses (6,6 milliards d'euros) dans UBS, pour l'aider à faire à une crise financière susceptible de lui valoir, en 2007, les premières pertes de son histoire. Un "second investisseur stratégique du Moyen-Orient", dont l'identité n'est pas révélée, apportera aussi 1,2 milliard d'euros. Ces mises de fonds, réalisées sous la forme d'obligations convertibles en actions, permettront aux deux investisseurs d'acquérir entre 9 % et 12 % de la dixième banque mondiale. Et sont assorties de sièges au conseil d'administration. L'offensive des fonds des pays du Golfe, de Chine ou de Russie, qui touche toutes sortes d'actifs stratégiques dans les pays occidentaux (industrie, distribution...), témoigne de la puissance d'investissement de ces nouveaux acteurs de l'économie. Entre l'envolée des prix des matières premières, dont le pétrole, et les excédents commerciaux reflétant la croissance spectaculaire de leurs économies, ils sont gorgés d'argent qu'ils ne savent plus où investir. "Ils ont, plus que d'autres, la capacité de mobiliser des sommes colossales et de prendre des paris à long terme sur les entreprises", explique Nicolas Véron, économiste au centre Bruegel. Selon la Deutsche Bank, ces fonds étatiques géreraient plus de 3 000 milliards de dollars d'investissements, soit deux fois plus que l'industrie des fonds spéculatifs (hedge funds). Leur fortune pourrait atteindre 10 000 milliards de dollars dans dix ans. PRÉSENTS EN FRANCE "Ils redessinent les lignes de force d'une économie mondiale dont ils sont devenus les poches profondes", estime M. Véron. Pour l'économiste, l'intérêt croissant des fonds souverains pour la finance pourrait leur permettre de briser leur isolement et d'en finir avec l'ostracisme dont fait preuve à leur égard l'Occident. "C'est une porte d'entrée judicieuse dans le monde des affaires, dans l'establishment occidental", commente M. Véron. De fait, si les fonds souverains font peur, de plus en plus de voix s'élèvent pour réhabiliter leur action. " Ne faisons pas preuve de racisme en économie, s'insurge Olivier Pastré, professeur à Paris-VIII. Le retour de l'Etat n'est pas forcément un mal. Ces fonds n'ont pas encore montré qu'ils étaient néfastes. Au contraire, ils peuvent être utiles à un moment où les banques risquent de manquer de capitaux." Ces fonds souverains joueront-ils un rôle dans la gouvernance des banques ? Sans doute, de l'avis consensuel des économistes, pour qui ces investissements financiers prendront vite un caractère stratégique. "Que vaut-il mieux pour une banque : accueillir un fonds souverain à son capital, et engager un dialogue serein avec lui, ou se faire déstabiliser par un fonds spéculatif, pour finir vendue à la découpe ?", interroge M. Pastré, en rappelant l'affaire ABN Amro. Attaquée par un fonds qui contestait sa gestion, la banque néerlandaise fait actuellement l'objet d'une vente par appartements. La question du recours aux fonds souverains ne se pose pas en France, où les banques sont solidement capitalisées et, à ce jour, souffrent moins de la crise que leurs consoeurs américaines, britanniques et allemandes. Cependant, rapporte un banquier, les grandes banques françaises ont des fonds souverains parmi leurs actionnaires, à des niveaux inférieurs aux seuils de déclaration réglementaires. C'est le cas de BNP Paribas, dont seraient actionnaires, pour quelques pour cents, des fonds saoudiens, koweïtiens et des émirats. "Nous les voyons régulièrement et entretenons avec eux un vrai dialogue. Ils ont, comme les fonds de pension, une stratégie de long terme, qui nous convient", confirme un proche de la direction. Anne Michel -------------------------------------------------------------------------------- CHIFFRES N.B. Pour fins de comparaison au 31 décembre 2006, lactif net des déposants de la Caisse de dépot et placement du Québec était de 143,5 milliards de dollars, par rapport à 122,2 milliards de dollars en 2005, en hausse de 21,3 milliards de dollars. La Caisse de dépôt et placement du Québec a été créée en 1965 par une loi de lAssemblée nationale, pour gérer les fonds recueillis dans le cadre dun régime de retraite universel alors nouvellement créé : le Régime de rentes du Québec. Les principaux fonds d'investissements souverains, selon le classement établi par la Deutsche Bank en septembre : 1 - EMIRATS ARABES UNIS : Abu Dhabi Investment Authority (ADIA), 875 milliards de dollars (594 milliards de dollars d'euros), créé en 1976. 2 - SINGAPOUR : Government of Singapore Investment Corporation (GIC), 330 milliards de dollars, créé en 1981. 3 - NORVÈGE : Government Pension Fund Global (GPFG), 322 milliards de dollars, créé en 1990. 4 - ARABIE SAOUDITE : divers fonds, pour 300 milliards de dollars. 5 - KOWEIT : Kuwait Investment Authority (KIA), 250 milliards de dollars, créé en 1953. 6 - CHINE : China Investment Company Ltd (CIC), 200 milliards de dollars, créé en 2007. Article paru dans l'édition du 12.12.07 du journal LE MONDE Mis sur le site internet LE MONDE le 11.12.07 | 13h17 Mis à jour le 11.12.07 | 14h16 Tiré de SME-Infonet http://www.webzinemaker.com/sme/, webzine publié par la Société des prêtres du Séminaire de Québec.
Rédigé par Hermann Giguère le Mardi 11 Décembre 2007
ActualitéCatholiques et orthodoxes reconnaissent la primauté du pape. Un accord historique vient d'être conclu concernant la primauté du pape qui annonce une réunion possible entre catholiques et orthodoxes séparés depuis 1054 par l'excommunication (14 juillet 1054) du patriarche de Constantinople, Michel Cérulaire (1000-1059) déposée à Ste-Sophie par le cardinal Humbert. En Occident, on appelle cette rupture "Schisme d'Orient". Elle est l'aboutissement de nombreuses décennies de conflits et de réconciliations entre les deux Églises. En Orient, on l'appelle "Schisme de Rome". Lisez ce qu'en dit le journal LA CROIX sous la plume d'Isabelle De Gaulmyn. Bonne lecture.
À Ravenne (en Italie), la Commission mixte pour le dialogue théologique a examiné la principale question qui divise les deux Églises, à savoir l'autorité de l'évêque de Rome. Catholiques et orthodoxes sont daccord sur le principe dune primauté de lévêque de Rome au niveau de lÉglise universelle, mais non sur le mode dexercice de cette fonction.
Cest en substance le résultat auquel sont parvenus, le 14 octobre, à Ravenne, les membres catholiques et orthodoxes de la Commission mixte pour le dialogue théologique entre les deux Églises. En abordant la question de lautorité, on touchait un point particulièrement sensible des relations entre orthodoxes et catholiques, sur lequel sétait en partie jouée la rupture symbolisée par la date de 1054. Le texte rendu public jeudi 15 novembre - dont des versions circulaient déjà sur des sites orthodoxes nest pour linstant quun « document de travail » (Pour lire le texte (en anglais et en italien), cliquez ici). Il nimplique pas ladhésion des Églises. Que le patriarcat de Moscou ait décidé de quitter la rencontre de Ravenne en dit dailleurs la difficulté. En 46 points, le « document de Ravenne » décline les thèmes de la « conciliarité » et de lautorité de lÉglise aux différents niveaux local, régional et universel de celle-ci. La conciliarité ou synodalité, pour les orientaux, collégialité chez les latins implique et exprime un consensus entre les membres de lÉglise. Lautorité, elle, signifie le choix dun « chef » reconnu par tous. Or, si catholiques et orthodoxes reconnaissent ces deux principes, ils ne lappliquent pas de la même manière. Les difficultés commencent au niveau régional Au plan local des diocèses, pas de problème : les deux Églises sont proches. Le document rappelle que tout doit se faire « en concert », de manière synodale, même sil y a un « protos » (en grec : premier, primat), à savoir lévêque du lieu. Au niveau régional, les difficultés commencent : pour les orthodoxes, cest le principal niveau, avec les patriarcats et autres responsables dÉglises autonomes. Dans lÉglise catholique, ce niveau est moins important : ce sont les provinces, régions, ou, plus récentes, les conférences épiscopales. À ce niveau régional, rappelle le document, le « protos » ne peut rien faire sans les autres évêques, ni les autres sans lui (1). Le niveau universel Enfin, et cest le plus difficile, le niveau universel. Catholiques comme orthodoxes proclament, dans leur Credo, que lÉglise est « une et catholique ». Cette unité sexprimait avant le schisme à travers les Conciles « cuméniques », rassemblant tous les patriarches et simposant à tous les fidèles. Mais aussi à travers une autorité, celle de Rome. Rome occupe « la première place dans lordre canonique, et lévêque de Rome (le pape) est donc le protos (primat) parmi les patriarches ». Laccord de Ravenne sarrête là : les deux parties restent divisées sur les prérogatives liées à cette primauté romaine. Définir le contenu de cette autorité sera donc lobjet des prochaines discussions de la commission, pour servir ensuite à délimiter la nature de lautorité du pape dans loptique dune réconciliation catholiques-orthodoxes. Car, au niveau universel aussi, le primat implique la conciliarité entre tous les évêques. Ce qui signifie pour lÉglise catholique, rappelle le document, un mode dexercice différent de lautorité du pape, laissant plus de place à la responsabilité des Églises locales ; Jean-Paul II avait ouvert une telle porte dans lencyclique Ut unum sint. « Il est impossible de considérer la forme de primauté des XIXe et XXe siècles comme la seule possible, la seule qui simpose à tous les chrétiens », avait alors confirmé le cardinal Ratzinger. Vaste programme : ce nest pas un hasard si, lors du consistoire du 23 novembre, Benoît XVI a choisi de consulter les cardinaux, justement, sur lcuménisme. Isabelle DE GAULMYN, à Rome (1) Les théologiens reprennent ici le « canon 34 des Apôtres », édicté dans les tout premiers siècles (texte dans La Documentation catholique n° 1 623 du 7 janvier 1973). Extrait du journal LA CROIX publié sur internet 15/11/2007 17:18 Tiré de SME-Infonet http://www.webzinemaker.com/sme/, webzine publié par la Société des prêtres du Séminaire de Québec.
Rédigé par Isabelle DE GAULMYN le Samedi 17 Novembre 2007
Quel est le nombre de catholiques au Québec et quel est leur pourcentage? Quel est celui des musulmans ou des juifs? Peu de gens peuvent répondre avec précision à ces questions. Nous avons pensé dans le contexte des questions soulevées à la commission Bouchard-Taylor offir à nos lecteurs et lectrices un aperçu des données disponibles sur ce sujet. Voici donc un extrait des données sur la population recensée en 2001 au Canada et au Québec portant sur la religion par la Direction de la population du Québec.
Statistique Canada a rendu publique, le 13 mai 2003, la huitième série de données du recensement de la population effectué en mai 2001, voici le résumé de ces données suivies des faits saillants.
Principales confessions religieuses, Québec 2001 Catholique romaine: nombre 5 930 385 pourcentage 83,2 % Protestante: nombre 335 595 pourcentage 4,7 Chrétienne orthodoxe: nombre 100 370 pourcentage1,4 Chrétienne «régénérée » et « évangélique » : nombre 56 750 pourcentage 0,8 Musulmane: nombre 108 620 pourcentage 1,5 Juive : nombre 89 915 pourcentage 1,3 Bouddhiste : nombre 41 380 pourcentage 0,6 Hindoue : nombre 24 530 pourcentage 0,3 Sikh : nombre 8 220 pourcentage 0,1 Aucune religion : nombre 400 325 pourcentage 5,6 Source : Statistique Canada, Recensement de 2001 : série « analyses », Les religions au Canada, catalogue no 96F0030XIF2001015, 13 mai 2003. ____________________________________ Faits saillants - Lors des recensements, la question posée relativement à la religion a trait à la seule appartenance confessionnelle, sans égard à la pratique religieuse. - Le christianisme, sous ses différentes formes (catholicisme, protestantisme, orthodoxie et autres), a perdu un peu de son importance relative mais regroupe toujours une forte majorité de la population : 77 % au Canada, comparativement à 83 % dix ans plus tôt et 90 % au Québec, comparativement à 93 % en 1991. - Les catholiques romains ont vu leurs effectifs progresser légèrement mais leur importance relative diminuer : de 86 % à 83 % au Québec et de 45 % à 43 % au Canada. Les protestants ont perdu en importance, tant en termes relatifs quen chiffres absolus. Les orthodoxes et les chrétiens « sans dénomination », au Québec comme au Canada, sont les seuls groupes à avoir connu à la fois une croissance de leurs effectifs et de leur importance relative entre les deux recensements. - Les musulmans sont désormais plus nombreux que les juifs, au Québec comme dans lensemble du Canada. Au Québec le nombre des adhérents de ces deux confessions est relativement semblable (90 000 juifs et 109 000 musulmans) tandis que pour lensemble du Canada, on compte près de deux musulmans pour un juif (330 000 juifs et 580 000 musulmans). - La plupart des changements constatés sont liés à la composition de l'immigration au cours de la dernière décennie. La croissance rapide du nombre de sikhs, de bouddhistes, dhindous, de musulmans et même du groupe des « sans religion » est directement lié à limmigration des années 1990. Parmi les immigrants admis au Canada entre 1991 et 2001, 52 % ont déclaré appartenir à des confessions non chrétiennes. Pour plus de détails aller à la vitrine qui a été réalisée dans le cadre du cours GIE 64375 Relations humaines dans les affaires internationales. Programme de MBA en gestion internationale de l'Université Laval. Hiver 2006. Professeur : Gérard Verna le 19 novembre 2007 Tiré de SME-Infonet http://www.seminairedequebec.org/blogsme/, webzine publié par la Société des prêtres du Séminaire de Québec.
Rédigé par Webmestre le Samedi 17 Novembre 2007
ActualitéLe dimanche soir, temps fort spirituel pour les jeunes. Dans plusieurs grandes villes, les « messes des jeunes » se développent. Les paroisses en profitent pour organiser des rencontres après la célébration.
La messe, oui, mais le dimanche soir.
Cest celle que préfèrent les jeunes. Les curés de grandes villes notamment à Paris en font le constat : la pratique dominicale des jeunes se passe plutôt entre jeunes et en fin de week-end. Le dimanche matin ? « Ils ont un peu du mal à se lever », sourit le P. Étienne Givelet, jeune prêtre de Saint-Honoré-dEylau (16e arrondissement). « Et puis, cest la messe de leurs parents, et ils la trouvent un peu trop solennisée » Le samedi soir ? « Ils veulent prolonger leur après-midi et souvent sortent dans la soirée », poursuit le prêtre. Entre les deux, pas de place pour la messe. Qui, du coup, est repoussée au dimanche soir. Souvent pas très tôt, dailleurs. « Il y a trente-cinq ans, les jeunes venaient plutôt le samedi soir, souligne le P. Bernard Bommelaer, curé de Saint-Germain-des-Prés, à Paris (6e arrondissement). Aujourdhui, ceux-là continuent de venir le samedi soir. Mais avec trente-cinq ans de plus. » Curé de Saint-Jean-Baptiste-de-Belleville (19e arrondissement), le P. Éric Morin estime que le dimanche soir est « un espace naturel pour les jeunes. De fait, ce sont des messes plus jeunes. Ensuite, on fait ce quil faut pour les accueillir. » Des messes "spécial jeunes" Doù le nombre de plus en plus élevé de messes « spécial jeunes » qui se sont installées en soirée dans le paysage dominical. Un phénomène qui fut dabord parisien, puis sest étendu à de grands pôles universitaires. Ailleurs, on nobserve pas le même phénomène. Ainsi, dans un diocèse comme celui de Meaux (Seine-et-Marne), « nos jeunes sont déjà repartis le dimanche soir à Paris. Sils vont à la messe à ce moment-là, cest à Paris », explique le P. Olivier de Vasselot, de la pastorale des jeunes du diocèse. À Saint-Germain-des-Prés, où la messe du dimanche soir suscite depuis des années une assistance pleine à craquer de jeunes, lanimation est confiée à un groupe de jeunes adultes « qui prennent leur rôle à cur pour les lectures, la prière universelle », explique le P. Bommelaer : « Ils choisissent un répertoire de chants plus récents, qui correspond à leurs goûts, un style qui leur plaît et, en général, cest un de nos jeunes prêtres qui célèbre la messe pour que sa parole soit en phase. Les jeunes ne viennent pas seulement pour trouver une bande de copains, mais aussi une liturgie qui leur correspond. » Une messe « plus tranquille, plutôt jean-baskets-guitare, rien de ronflant, pas dendimanchement comme le matin », décrit le P. Givelet. « Ce nest pas une messe au rabais », prévient le P. Bruno Laurent, curé de Saint-Jean-des-Deux-Moulins à Paris (13e arrondissement), « mais cela nous permet de mettre des chants du Frat (NDLR : rassemblement des jeunes collégiens et lycéens dÎle-de-France) qui ne sont pas forcément appréciés par les autres générations, de faire une homélie différente, davoir quelque chose de réactif avec lassemblée et de les mettre à laise pour faire des lectures. Ils sont entre eux, cest plus facile. » "Ils n'ont pas besoin de s'excuser" Le P. Givelet estime en outre qu« ils aiment bien être dans une messe où cest normal de les voir. Comme ils sont à un âge où ils manquent dassurance, sils vont à la messe avec des copains, ils nont pas besoin de sexcuser. » De telles célébrations permettent également de mieux vivre « un moment qui nest pas facile à passer » pour les 18-30 ans, qui connaissent « le blues et la solitude du dimanche soir », avance le P. Morin. Entre le week-end qui sachève et la semaine qui sannonce, cette eucharistie est une manière de « marquer le rythme en confiant la semaine suivante au Seigneur », note le P. Givelet. Marquer le rythme et ne « pas se presser, prendre plus de temps », avance encore le P. Bommelaer. La « messe qui prend son temps », cest dailleurs ainsi que sintitule celle lancée à la chapelle Saint-Ignace des jésuites à Paris (6e arrondissement), qui est célébrée tous les dimanches soir. Une eucharistie plus longue une heure et demie , spécialement destinée aux étudiants et jeunes professionnels qui prennent, au cours de la messe, un temps de prière personnelle à partir des lectures du jour (lectio divina) et un temps de partage en petits groupes. La première "messe qui prend son temps" Une formule qui marche et sexporte désormais dans dautres grandes villes: Lyon (tous les dimanches), Toulouse (un dimanche par mois lan dernier, testée sur le samedi cette année), Strasbourg, Brest et Marseille (un dimanche par mois) ou encore Pau, où la première « messe qui prend son temps » aura lieu le 18 novembre. « Chez les jeunes, il y a une forme de disponibilité ce soir-là que lon ne retrouve pas forcément à dautres moments, quelque chose qui est de lordre de : on a toute la soirée devant soi », explique le jésuite Grégoire Catta. Il nest dailleurs pas rare quà la sortie, une partie de ces jeunes se retrouvent pour un temps de partage. À la paroisse parisienne Saint-Honoré-dEylau, la messe se poursuit une fois sur deux par un dîner « pasta », avec discussion autour de thèmes comme : À quoi cela engage dêtre chrétien ? Questions bioéthiques, Quest-ce que la conscience ? Un groupe similaire, lancé lan dernier, a été reconduit cette année à Saint-Jean-de-Belleville. À la paroisse de Saint-Nizier, à Lyon, confiée à la communauté de lEmmanuel, ce rendez-vous du dimanche soir dévolu aux jeunes permet en outre de leur proposer le sacrement de réconciliation et se poursuit par des soirées salades-pizzas sur des thèmes et des formes différents à chaque fois : conférences, films, présentation des prochaines Journées mondiales de la jeunesse ou même « Pictionary géant ». « On a lancé cette messe il y a trois ans et elle a rapidement fonctionné », rapporte le P. Charles Rochas, lun des trois prêtres de la paroisse. "Pro-vocs" comme pro-vocations Dans le diocèse de Metz, cest également un dimanche soir par mois que sont proposées des soirées « pro-vocs » comme pro-vocations destinées aux jeunes : dans un lieu différent à chaque fois, une eucharistie est animée par les jeunes, avec une homélie sur le thème des différentes vocations, suivie dun repas organisé par la paroisse. « Pour linstant, on tourne dans les paroisses, mais on a lidée de déterminer un lieu unique et central dans Metz, destiné à laccueil des jeunes », explique Paul Keil, permanent de la pastorale des jeunes du diocèse. Cette volonté naboutit pas toujours. « Nous avons essayé lan dernier pendant six ou sept mois dans une église du centre dOrléans, raconte le P. Christophe Châtillon, de la pastorale des jeunes de ce diocèse. Mais nous navons pas réussi à sortir les jeunes dune attitude de consommateurs. On a donc arrêté, et on réfléchit à mettre en place un lieu spécifique. » À Lille, cest une église, Saint-Maurice, qui a été entièrement confiée à une équipe de jeunes adultes, avec eucharistie le dimanche à 18 h 30. Reste que, là où elles se tiennent, ces messes du dimanche soir pour jeunes connaissent un succès croissant. « Les jeunes attirent les jeunes », glisse le P. Bommelaer. Pour ces « pôles jeunes » du dimanche soir, certains curés, dont les assemblées paroissiales sont déjà grisonnantes, se sentent pourtant parfois dépouillés de leurs plus jeunes paroissiens. La génération la plus âgée sétonne ainsi que lon incite les jeunes à participer à une messe à part. Mais « mes paroissiens sont plutôt daccord, estime le P. Bruno Laurent. Sil ny avait pas cette messe, un grand nombre de jeunes ne viendraient plus du tout ! Et lassemblée habituelle, qui se demande où sont les jeunes, nest pas toujours aussi accueillante quand ils sont là » Pierre SCHMIDT extrait du journal LA CROIX, cet article a été publié le 09-11-2007 sur le site www.la-croix.com Tiré de SME-Infonet http://www.webzinemaker.com/sme/, webzine publié par la Société des prêtres du Séminaire de Québec.
Rédigé par Pierre Schmidt le Lundi 12 Novembre 2007
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