Dans cette note sur les divorcés-remariés et l’accès aux sacrements de Pénitence et d’Eucharistie, Mgr Pierre Gaudette P.H., professeur associé de la Faculté de théologie et de sciences religieuses de l'Université Laval et prêtre associé de la communauté des prêtres du Séminaire de Québec nous fait part d'une avenue à visiter pour avancer sur la question de l'admission éventuelle des divorcés-remariés à l'Eucharistie.


Pour une Église plus ouverte et accueillante : « Je rêve d’une Église mère et pasteur » (Pape François)
Pour une Église plus ouverte et accueillante : « Je rêve d’une Église mère et pasteur » (Pape François)
Mgr PIerre Gaudette a été professeur d'Éthique fondamentale à l'Université Laval pendant de nombreuses années et titulaire d'un cours sur les divorcés-remariés. De 2002 à 2008 il a été secrétaire de l'Assemblée des évêques catholiques du Québec. Il a été membre de la Commission théologique internationale. Son expertise et sa compétence lui ont permis de regarder toute la question de l'accès aux sacrements des divorcés-remariés avec des points de vue qui ouvrent des perspectives nouvelles sur cette question qui est à l'ordre du jour du Consistoire extraordinaire des cardinaux avec le pape François à Rome les 20 et 21 février 2014.

La citation de saint Cyprien de Carthage sur les lapsi (chrétiens qui sous la crainte du martyre avaient renié leur foi devant les persécuteurs) que Mgr Gaudette nous propose en Annexe "mérite réflexion, écrit-il, et, me semble-t-il, ouvre une porte intéressante".

Bonne lecture.

Texte complet de Mgr Gaudette
Rédigé par Pierre Gaudette le Vendredi 28 Février 2014

Ce texte de l'abbé Alain Faucher, prêtre associé de la communauté des prêtres du Séminaire de Québec et professeur à la Faculté de théologie de l'Université Laval, a été publié le 7 avril 2013 dans le FEUILLET PAROISSIAL pour le Deuxième dimanche de Pâques ou de la Miséricorde divine (C).L'abbé Faucher nous montre que Jésus ressucité n’est pas une invention de ceux et celles qui se mettent à croire en lui. Il est la source de cette expérience dans la foi. Inspirant, et éclairant surtout. Belle présentation de ces riches textes sur la résurrection. Bonne lecture!


Le professeur Alain Faucher, prêtre
Le professeur Alain Faucher, prêtre
Depuis huit jours, nous célébrons Pâques. Notre communauté chrétienne vit ces jours dans la discrétion et l’intimité. L’atmosphère n’a rien du climat survolté de la nuit de Noël. Pourtant, si nous n’avions qu’une seule fête chrétienne, chaque année, ce serait Pâques. En proclamant Jésus comme Seigneur, la fête exprime l’essentiel de notre foi. La première lecture évoque d’ailleurs ce mystère de la foi comme une réalité en croissance : ...des hommes et des femmes de plus en plus nombreux adhéraient au Seigneur par la foi (Ac 5,14). En cette Année de la foi, il y a là un appel à explorer plus avant ce «pays de la foi» auquel nous appartenons. Avant d’y convoquer parents et connaissances, nous devons assumer cette citoyenneté nouvelle qui nous est offerte.

Ce dimanche célébré en écho à la Fête de la Résurrection véhicule des idées claires quant au contenu de la foi. La foi concerne une personne bel et bien vivante de nos jours. Jésus n’est pas seulement un personnage du passé. Il ne suffit pas d’avoir des opinions personnelles sur Jésus. Les lectures bibliques nous aident aujourd’hui à enrichir sa fiche d’identité. Il est important de prendre au sérieux l’avis collectif exprimé en groupe, en communauté et ce, dès les premières générations chrétiennes. Mieux que des regards individuels, mieux que des fragments d’opinions, cette description collective traduit des consensus. Ils sont la base d’un développement culturel et social marquant pour l’humanité entière.
Rédigé par Webmestre le Dimanche 7 Avril 2013

Voici une liste établie par le Dr Paula Davis-Laack publiée par le Huffington Post Québec le 4 janvier 2013.


Dies nostri quasi umbra
Dies nostri quasi umbra
Docteure en psychologie et auteure connue mondialement, Paula Davis-Laack se spécialise dans la gestion du stress. Elle aide les professionnels de haut rang à accroître leur bien-être par l'entremise d'une méthode favorisant la résilience, la concentration mentale et le développement des liens sociaux.

« À quel point êtes-vous heureux, et pourquoi ? » est une question que je pose très souvent. Non seulement parce que je tente d'évaluer mon propre degré de satisfaction, mais parce que cette question concerne également les membres de ma famille, mes amis, mes collègues et le reste de la société. En effet, depuis que j'ai obtenu une maîtrise en psychologie positive, j'ai eu l'occasion d'observer des milliers de personnes dans une grande variété de contextes. J'en conclus que les gens heureux s'adaptent aux circonstances de la vie d'une manière tout à fait unique. Voici une liste de ce qu'ils font différemment :
Rédigé par Webmestre le Samedi 5 Janvier 2013

INTERVIEW - Michel Serres, philosophe, historien des sciences et homme de lettres français, décrypte le monde de demain pour le Journal du Dimanche.


Michel Serres en 2008
Michel Serres en 2008
Pour vous donner le goût de lire l'entrevue des plus intéressantes de Michel Serres au Journal du dimanche JDD le 30 décembre 2012 :

Son constat sur notre époque est simple : le monde, depuis cinquante ans, traverse une révolution comme l'humanité n'en a connu jusque-là que deux d'une telle ampleur.

La première se situe quand on est passé du stade oral au stade écrit.

La deuxième, quand on est passé du stade écrit au stade imprimé.

Maintenant, dans la troisième révolution, on bascule du stade imprimé au stade numérique.

À chacune de ces trois révolutions correspondent les mêmes inquiétudes… À la première, Socrate fulminait contre l'écrit en disant que seul l'oral était vivant! Au moment de l'imprimerie, il y a des gens qui disaient que cette horrible masse de livres allait ramener la barbarie. Ils affirmaient d'ailleurs que personne ne pourrait jamais lire tous les livres, ce en quoi ils avaient raison. Il est donc naturel de retrouver les mêmes angoisses au moment d'une révolution qui est encore plus forte que les deux précédentes.

Pour lire l'entrevue en entier cliquez ici


Rédigé par Michel Serres le Jeudi 3 Janvier 2013

Les femmes l'avaient vu bien mort, descendu de la croix et déposé dans le tombeau. Ce vendredi-là, il avait fallu faire vite, car déjà, brillaient les lumières du Sabbat. Mais ce matin, premier jour de la semaine, elles vont de surprise en surprise : le tombeau ouvert, l'énorme pierre roulée, et en plus, pas de corps de Jésus ! Et voilà ce mystérieux personnage, avec une question et une annonce : « Pourquoi cherchez-vous le Vivant parmi les morts ? Il n'est pas ici, il est ressuscité » (Lc 24, 5).


Toujours vivant ? Méditation pour Pâques
Entendons-nous, encore aujourd'hui, l'annonce du messager ? « Il n'est pas ici. Il est ressuscité »! Il est le Vivant ! Cela veut dire que nous pouvons le rencontrer, l'écouter, lui parler. Cela veut dire que sur le chemin de la vie, il est là, avec nous, chaque jour et, qu'accueillir cette bonne nouvelle, c'est croire l'incroyable ! C'est croire que jamais plus nous ne serons seuls avec nos questions, nos problèmes, nos pauvretés, nos misères et même nos péchés. Il est là, et sa Présence nous rejoint dès que nous le voulons, et même quand nous n'y pensons pas. Il entre chez nous pour y mettre une graine d'espérance dans toute situation et dans toute voie sans issue. Il est là avec nous pour pleurer, avec nous pour nous relever, avec nous pour nous rappeler que depuis ce jour de résurrection, il est possible de vivre debout.

Bien sûr, la mort règne toujours et tout nous ramène à son ombre: la séparation, la tristesse, les deuils, les tragédies, la haine, la guerre. Mais toutes ces situations peuvent devenir des chemins de résurrection, si nous les traversons dans la confiance au Ressuscité qui a vaincu la mort. C'est lui qui nous invite constamment à lever la tête, au-delà du cercle qui nous enferme, pour faire éclater les limites des choses. « Ayez confiance, j'ai vaincu le monde » (Jn 16, 33) dela mort et de la fatalité. Il nous précède en Galilée, la Galilée de notre monde, la Galilée des recommencements. C'est lui qui nous pousse à nous mettre debout, à nous rassembler, à nous
mettre en marche. C'est lui qui habite notre espérance.
Rédigé par Laurette Lepage le Samedi 24 Mars 2012

Réflexions

"Noël, c’est la veille, c’est l’attente ». (George Dor)

Nous sommes une génération de gens pressés. Nous ne savons pas toujours attendre. Souvent nous voulons tout, et tout de suite, sans penser à la valeur du mûrissement.Nous vivons à la surface de nous-même, distraits par les urgences, engourdis par la routine ou suffoqués par l'avalanche des mots et des images.


LE COURAGE D'ATTENDRE
Attendre, toujours attendre ! Pour le courrier, pour l'ascenseur, pour l'autobus, pour un feu rouge bloqué, pour le rendez-vous chez le médecin. Attendre pour tout ! Parfois on est las d'attendre. Mais dans le verbe « attendre », il y a le mot « tendre », avec son élan, sa vitalité, son mouvement. Ce temps de l'Avent que nous commençons ne consiste pas à attendre passivement le jour de Noël, mais à nous mobiliser pour aller à la rencontre de Celui qui vient dans notre vie. Dieu nous attend aussi. Il y a dans l'Avent une attente réciproque.

Rédigé par Laurette Lepage le Lundi 29 Novembre 2010

Quel poète, notre Sol national...
Poésie de Marc Favreau : Sol, le clown clochard. Ses textes, à la fois naïfs, poétiques et humoristiques

( Les fautes sont voulues dans le texte! )


LE CREPUSCULE DES VIEUX
Des fois, j'ai hâte d'être un vieux.
Ils sont bien, les vieux, on est bon pour eux, ils sont biens.

Ils ont personne qui les force à travailler; on veut pas qu'ils se fatiguent.
Même que la plusssspart du temps, on les laisse pas finir leur ouvrage.
On les stoppe, on les interruptionne, on les retraite fermée.

On leur donne leur appréhension de vieillesse et ils sont en vacances....

Ah! Ils sont bien les vieux!

Rédigé par Marc Favreau le Mardi 23 Novembre 2010

Réflexions de Richard Martineau après la célébration consacrée au Frère André au Stade Olympique de Montréal. Intéressant...et éclairant pour comprendre le rapport des québécois à leur héritage catholique. Bonne lecture!


CATHOLIQUE NON CROYANT
Samedi [le 30 octobre 2010], 50 000 personnes se sont rassemblées au Stade olympique pour célébrer la mémoire du frère André. Comme l'a titré mon journal : «C'est du monde à la messe !» Preuve que si on a sorti le Québécois de l'Église, on n'a pas encore sorti l'Église du Québécois.


Le paradoxe québécois

Récemment, le Globe and Mail se demandait pourquoi les Québécois sont aussi attachés à la religion catholique, alors que les églises sont vides.


Rédigé par Richard Martineau le Samedi 6 Novembre 2010

Sylvain Lavoie, doctorant en théologie à l'Université Laval (Québec), réagit à la présence médiatique de la religion ces derniers temps. Il s'inspire de Fernand Dumont pour poser la question de la possibilité d'une médiation renouvelée entre foi et culture. Bonne lecture.


FOI ET CULTURE : MÉDIATION ?
Loin d'être indifférents au religieux, les médias en font plutôt un objet de débat de plus en plus virulent.

Manifestation récente à Montréal contre les agressions sexuelles de religieux envers les enfants. Les manchettes liées au religieux font ainsi régulièrement la première page des journaux.

Les récents débats autour de la dissimulation de cas de sévices sexuels par des prêtres pédophiles mettent à l'avant-scène le terrain sur lequel se joue l'interprétation des phénomènes religieux dans la société: les médias d'information. En effet, la place accordée à l'interprétation des phénomènes religieux dans les médias est paradoxale étant donné la baisse de la pratique religieuse des dernières années au Québec.

Loin d'être indifférents au religieux, les médias en font plutôt un objet de débat de plus en plus virulent. Par exemple, les manchettes liées au religieux font la première page des journaux, il est possible de consulter des «cahiers religion» dans certains quotidiens, etc.

Cependant, les récents propos du cardinal Marc Ouellet sur les rapports entre l'Église et les médias marquent plutôt un rapport d'opposition entre ces acteurs. Pour lui, les médias d'information sont un ennemi à abattre, puisqu'il les accuse de «mener une campagne» visant à «discréditer l'Église catholique» (Homélie de Pâques, 4 avril 2010). Mais au-delà de cette opposition, sommes-nous en train d'assister à une mutation du religieux dans l'espace médiatique et à une nouvelle manière pour la religion de s'y inscrire socialement?

Une religion sans culture ?

Les mutations actuelles du religieux soulèvent la question de l'interaction entre la culture et la religion dans l'espace public. En effet, l'inscription de la religion dans les médias d'information se fait d'une façon souvent détachée d'ancrages culturels, au profit de sa reconfiguration en système d'idées très visible. Un exemple est la création de la webtélé ECDQ.TV qui permet de suivre des liturgies en direct, d'écouter des reportages sur les événements diocésains, etc.

Alors que le catholicisme culturel issu de la Révolution tranquille des années 1960 cherchait ses points d'appui dans la culture ambiante, cette forme de médiatisation de la religion implique sa conversion dans des cadres virtuels hors culture. À partir de ce nouveau rapport entre la religion et les médias, nous assistons à des mutations de la religion et de la culture qui laissent place à de nouvelles formes de religiosité «exculturées» (Danièle Hervieu-Léger, 2003) sur lesquelles il faut s'interroger.

Pour ce faire, la perspective de Fernand Dumont sur la culture première et la culture seconde est d'une portée heuristique. Pour Dumont, la culture première correspond au mode de vie quotidien et au vécu, alors que la culture seconde procède d'une distanciation et de la reprise du vécu en expérience réfléchie (par exemple la science, l'art, etc.). Selon cette distinction, il apparaît que la difficulté de la médiatisation de la religion, qui appartient à la culture seconde, concerne le rapport de réflexivité avec la culture première. Les mutations du religieux dans les médias d'information ont alors pour effet de créer deux cultures parallèles, détachées l'une de l'autre. La crise qui en résulte a pour conséquence de distancer les marqueurs religieux et culturels dans la société, au profit de la médiation possible que pourrait constituer la religion dans l'espace public.

Les récents débats médiatiques mentionnés plus haut ont rendu visible cette distanciation de la culture première et de la culture seconde. Pour Marc Ouellet, «l'actualité semble se trouver assez loin de la Bonne Nouvelle. Les médias semblent converger pour mettre en doute la Bonne Nouvelle» (Homélie de Pâques, 4 avril 2010). Ces propos illustrent bien la distance entre le «message» chrétien et son interprétation dans les médias. Deux cultures distinctes se côtoient dans l'espace public, sans médiation possible. Toutefois, la conséquence est que cette forme de médiatisation du religieux, non réflexive, ne permet pas de créer d'espace de dialogue entre la culture et la religion.

Une nouvelle forme de religiosité : l'identité

Cet état de fait met en évidence un autre déplacement du religieux dans les dernières années: la transformation des conditions de la prise de parole croyante dans la société. Nous sommes passés de la prise de parole publique sur des enjeux sociaux à des demandes de reconnaissance identitaire.

En effet, la foi reléguée à la sphère du privé a souvent du mal à se situer dans l'espace social marqué par le pluralisme. L'attitude à adopter est alors celle de l'opposition avec la culture. Devant le tourment subi par l'Église, il faut que les chrétiens affirment leur foi «humblement et fidèlement dans un monde hostile. Il faut répondre à la haine par l'amour et répondre à la persécution par la patience et même le martyre» (Marc Ouellet, 4 avril 2010).

Cette attitude proposée fait de la foi chrétienne un objet à proclamer dans l'espace public contre l'adversité. L'enjeu consiste alors en une affirmation renouvelée de l'identité catholique qui se manifeste par une visibilité sociale accentuée par les médias de l'information. Cependant, cette logique identitaire ne permet pas de penser les conditions du lien social et l'inscription de la religion dans l'espace public.

Espace de médiation

Dans son livre L'Institution de la théologie (1987), Fernand Dumont expose que la «renaissance» de la religion au Québec serait possible à condition qu'elle puisse se faire médiation dans la culture. Cette médiation demande toutefois de repenser la fonction sociale du religieux dans la société. Alors que le religieux garantissait autrefois une identité collective, il permet aujourd'hui davantage de répondre aux individus en quête de besoins dans une logique de marché (Raymond Lemieux, 2005).

La fonction de tranquillité sociale jouée par le religieux est devenue un support pour des individus qui veulent faire valoir la spécificité de leur droit dans l'espace public. Le religieux devient alors l'objet d'une régulation complètement différente de celle connue jusque-là, qui favorise un rapport identitaire entre le client et l'objet consommé.

La conséquence de ce rapport a pour effet de redéfinir la religion en nouvelles formes de religiosité qui sont en exil de la culture. Ces religiosités se définissent par la modalité d'un «pur religieux» (Olivier Roy, 2008) souvent hostile au monde profane. Cette situation laisse entrevoir le dualisme dans lequel se vivent les rapports au religieux aujourd'hui.

Est-il possible de penser autrement le rôle culturel que pourrait avoir la religion dans l'espace public? Il faudra certainement réfléchir à de nouvelles modalités réflexives pour penser ce rapport sous forme de médiation. Dans ce sens, l'analyse des débats médiatiques des derniers jours donne une piste de réflexion intéressante, puisqu'elle permet de penser les modalités des rapports entre la religion et la culture, au risque de s'en détacher.



Sylvain Lavoie - Doctorant en théologie à l'Université Laval


Cet article a été publié dans
le journal Le Devoir du 19 avril 2010 sous le titre Église et médias : Conflit ou nouvelle religiosité ? Il est reproduit avec l'autorisation de l'auteur.

http://www.ledevoir.com/societe/actualites-en-societe/287222/eglise-et-medias-conflit-ou-nouvelle-religiosite

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Tiré de SME-Infonet http://www.webzinemaker.com/sme/, webzine publié par la Société des prêtres du Séminaire de Québec.

Rédigé par Sylvain Lavoie le Lundi 19 Avril 2010

L’Église catholique, je ne l’ai pas choisie. Je suis née dedans comme je suis née au Témiscamingue, dans la province de Québec. J’y ai grandi dans la peur du Dieu qu’on m’a présenté, comme j’ai grandi sous la férule du régime de Duplessis. C’était comme ça ! Ah! si je m’en souviens! L’œil de Dieu qui nous surveille, nous contrôle et nous punit ! Le Dieu de mon enfance n’était pas pour moi une Personne, un Père, mais un Oeil ! Grand Dieu ! Tout ce qu’il fallait faire pour ne pas déplaire à cet OEIL ! ..


MOI, POURQUOI JE RESTE ?
Oui, c'est l'Église qui m'a faite, mais c'est aussi l'Église qui m'a changée. À mesure qu'en elle, j'ai découvert le Dieu de Jésus-Christ, l'Évangile, le renouveau catéchétique, le Concile Vatican II, là, j'ai changé complètement de Dieu ! Le Dieu « empereur » est devenu le Dieu « Amour », incarné en Jésus, et semé en chacun(e) de nous. C'est toute la différence ! Dieu n'apparaît pas, il transparaît, disait Maurice Zundel.

Hélas ! dans cette Église que j'aime et qui a changé aussi, je ne reconnais pas toujours le Dieu de l'Évangile et les attitudes de Jésus. Et j'en suis déçue, peinée, et parfois, en colère. Malgré tout, je veux bien continuer de vivre dedans, avec ses défauts et ses manques (les miens aussi!), mais je ne peux pas me taire! Quelque chose me brûle en dedans. Et quand je regarde Jésus, je me console en pensant que lui aussi a dit avec force, son désaccord avec les autorités religieuses de son temps. Il n'a pas ménagé sa critique contre ce qui pouvait encombrer, fausser ou pervertir la religion voulue par son Père. Et quand on lit Matthieu 23, 13-30, Jésus est intraitable: « Malheur à vous, guides de la Loi et Pharisiens hypocrites... serpents, race de vipères... votre maison sera laissée vide » . Le Dieu de la vie n'a d'autre dogmatique que celle de l'amour, celle du service. Il me semble que la foi en Jésus ne peut que désirer la critique des croyants qui veulent une Église à l'image de l'Évangile.

Le soir de l'accession au cardinalat de Mgr Ouellet, j'étais perchée, en haut du jubé de l'église St-Roch, aux dernières places, derrière les colonnes, avec les pauvres et les « minables » de la société. J'y ai entendu une seule parole, qui m'est restée et qui semblait être tout un programme : « Repartir du Christ ». Mais au fur et à mesure qu'après, se défilaient les discours et les gestes posés, il fallait constater que nous ne repartions pas du Christ, mais plutôt du Concile de Trente, effleurant à peine Vatican II. Mais où est-il donc l'Esprit promis par Jésus, qui nous fait entendre aujourd'hui, le message intouchable de l'Évangile ? L'Église n'est-elle pas appelée à s'incarner dans l'histoire en marche ? Le Royaume de Dieu ne marcha pas à reculons. Dieu n'est pas bloqué dans les années 30. Il marche avec nous aujourd'hui, dans le monde post-moderne que nous habitons, avec nos avancées et nos reculs, avec nos générosités et nos faiblesses et surtout, avec cette étincelle de Lui, semée en nous comme une boussole qui nous indique le sens. Il est urgent de trouver un nouveau langage pour dire que l'Évangile est une Nouvelle, BONNE pour tout le monde !

J'ai mal à mon Église quand on porte sur le peuple québécois un regard négatif, comme s'il était le champion du divorce, de l'avortement, du suicide, de l'abandon de la religion, sans s'apercevoir de sa générosité, de sa recherche de sens, de sa créativité et de sa prodigieuse hospitalité.

J'ai mal à mon Église quand j'entends un langage de peur qui a de quoi éteindre toutes les flammes : peur du modernisme, peur du relativisme, peur de la culture de la mort. Plutôt qu'une morale d'interdiction et de condamnation, pourquoi pas une morale d'invitation, d'appel, d'évolution ? « N'aie pas peur », disait Jésus. Il disait encore : « Si tu veux »... « Lève-toi, prends ton grabat et marche ».

J'ai mal à mon Église quand je vois condamner ou bâillonner les théologiens « progressistes », de même quand je vois mettre en veilleuse la théologie de la libération.

J'ai mal à mon Église quand, dans le langage de Vatican II, on a fait la promotion du laïcat et que dans la pratique, il n'y a pas grand-chose de changé. Les laïcs n'ont pas plus de pouvoir ni d'autonomie qu'avant, même s'il y a plus de liberté de parole. Ils doivent accepter tout sans récriminer, comme si l'Esprit de Dieu était seulement dans la hiérarchie.

J'ai mal à mon Église quand le peuple de Dieu manque de prêtres et qu'on refuse le sacerdoce ministériel à des baptisé(e)s capables d'assumer cette responsabilité.

J'ai mal à mon Église quand on refuse toujours la communion eucharistique aux divorcés remariés et qu'on abolit les si belles célébrations communautaires du pardon avec absolution collective, alors que les gens venaient, plein l'église.

Même si je ne me sens pas toujours confortable dans mon Église catholique romaine, je me console en pensant que cette vieille Mère Église flotte encore, contre vents et marées, depuis 2000 ans, avec la seule parole qui la tient debout : « Voici que je suis avec vous tous les jours jusqu'à la fin du temps (Mt 28, 20). Je me console aussi en pensant que pour son Église, Jésus semble avoir voulu une structure égalitaire, ressemblant davantage à celle d'une famille dans laquelle l'autorité est exercée au service des autres :« Si quelqu'un veut être le premier, il sera le dernier de tous et le serviteur de tous » (Mc 9, 35). Jésus n'a pas créé de hiérarchie, n'a pas décrété de dogmes, n'a pas imposé de droit canonique. Il n'a parlé que de la bonté de Dieu. Il n'a prêché que le partage, le pardon et la paix.

Mais au-delà de la structure, l'Église est aussi le Corps du Christ. Cette Église mystérieuse, faite de pierres vivantes, fraternelle et sans exclusion, elle a un visage visible. Je la touche aussi, surtout au ras du sol et dans les marges, dans les groupes restreints, dans la multitude des réseaux de solidarité qui s'engagent pour un monde de justice et de fraternité. Mais cela ne va jamais de soi : je crois que nos communautés humaines seront toujours imparfaites, fragiles et source de déceptions.

La vraie communauté est invisible à nos yeux : c'est la communion des saints où, avec nos différences et nos préoccupations, nous sommes uni(e)s dans le même Corps du Christ. Oui, je reste, parce que l'Église, c'est d'abord nous, temple de pierres vivantes, où il n'y a ni mortier ni ciment, car ce qui nous tient ensemble, c'est Jésus, pierre angulaire. C'est son amour qui nous cimente les uns aux autres.

Je reste dans l'Église d'aujourd'hui et de toujours parce que je garde toute ma confiance en Jésus le Vivant, parce que je désire toujours traduire en actes, tant bien que mal, son Évangile, et que je veux vivre en communion avec tous mes frères et soeurs

Laurette Lepage

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Tiré de SME-Infonet http://www.webzinemaker.com/sme/, webzine publié par la Société des prêtres du Séminaire de Québec.

Rédigé par Laurette Lepage le Mardi 9 Mars 2010
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