Le souper d'Emmaüs par Rembrandt 1648
Nous connaissions tous le chanoine Roch-Claude Simard qui vient de nous quitter. Nous nous souvenons de ce qu'il a fait au cours de sa vie. Nous nous souvenons des moments passés avec lui et des échanges que nous avons pu avoir. Nous revoyons tout ce qu'il était, tout ce qu'il représentait pour nous. Sa vie tout entière s'est déroulée entre deux pôles: sa famille et le Séminaire de Québec.
Tout jeune prêtre, à sa sortie du Grand Séminaire, on lui demandait d'exercer des fonctions d'enseignement auprès des étudiants du Petit Séminaire. Il s'y est consacré avec diligence, s'appliquant à être le plus possible fidèle aux modèles d'éducateur que l'institution avait abondamment offerts au cours des années.
Par la suite, il est invité à mettre au service de l'administration de la maison les qualités de précision et d'exactitude qu'on avait décelées chez lui. C'est avec courtoisie et un constant souci de servir qu'il s'est acquitté de ces nouvelles tâches.
Pendant plus de trente ans, il a été membre du Chapitre métropolitain de Québec. Avec assiduité, avec conviction, il a exercé le ministère de la prière quotidienne, avec ses confrères chanoines, à la demande des évêques qui se sont succédé à Québec et qui étaient tous soucieux d'appeler les lumières de Dieu sur l'Eglise de Québec, dont ils avaient la charge.
Les convictions intimes qui ont animé et guidé le chanoine Simard durant toute sa vie et qu'il avait reçues de sa famille lui ont permis de traverser les dernières épreuves de la maladie et de la mort en laissant autour de lui un bel exemple de courage et de fermeté d'âme. En ce moment, c'est à Dieu que nous venons confier notre frère qui a toujours su puiser force et persévérance dans sa providence paternelle.
Au début de notre célébration, nous avons entendu des textes de la Parole de Dieu et ce sont ces textes qui s'offrent à nourrir notre prière et notre réflexion.
En particulier, le magnifique récit des disciples d'Emmaüs revenant de Jérusalem vient nous apporter une apaisante lumière dans les circonstances qui nous rassemblent. Il n'y a pas d'éclat, pas de mots inutiles dans le récit de cette simple rencontre qui survient quelques jours après la passion de Jésus sur la route qui conduit à Emmaüs. Nous sommes en présence de deux hommes profondément tristes qui marchent sur un chemin de poussière et qui sont rejoints par un inconnu.
La tristesse des deux marcheurs est bien compréhensible. Ils avaient misé sur ce Jésus qui leur présentait toutes les garanties du sérieux et du dynamisme. Un homme assez extraordinaire pour séduire les foules et faire donner aux disciples le meilleur d'eux-mêmes. Un homme d'une bonté et d'une largeur de vue incomparable. Un homme que ses compatriotes auraient voulu se donner comme roi. Or, cet ami qu'ils avaient suivi et en qui ils avaient cru, voilà qu'il avait été capturé, condamné et mis à mort comme un malfaiteur. Les raisons d'être tristes pour ces hommes sont toutes là. Et, le découragement n'est pas loin. L'inconnu écoute le récit des deux hommes et parait sympathiser avec eux. Mais cela ne l'empêche pas de les corriger adroitement et de leur reprocher leur lenteur à comprendre. Il se met alors à leur expliquer comment la mort de leur ami pouvait avoir un sens, comment l'absurdité de sa passion n'était qu'apparente. Il leur montre que la mort de Jésus pourrait bien ne pas être la fin de tout, mais plutôt le commencement d'une nouvelle réalité.
A mesure que l'inconnu parle et donne des explications, les deux marcheurs se sentent revivre et s'aperçoivent qu'ils ont oublié, dans leur tristesse, de grands pans de leur histoire. Le rappel de ce qu'ont dit Moïse et les prophètes fait remonter' à la mémoire des deux disciples ce qui était contenu dans les Écritures et dont ils auraient dû se souvenir: le Messie, envoyé par Dieu, devait souffrir; il devait mourir aussi avant de revenir à la vie. C'est ainsi que, devaient s'accomplir toutes les promesses divines: le Fils de Dieu devait ressusciter et, par sa résurrection, entrainer tous les êtres humains à participer avec lui à la vie éternelle.
Il n'est pas nécessaire d'expliquer longuement comment ce récit des disciples d'Emmaüs nous concerne tous nous aussi. Nous sommes tristes comme les marcheurs d'Emmaüs quand nous nous retrouvons, comme en ce moment, confrontés à la réalité de la mort. Aujourd'hui, nous éprouvons du regret à la suite de la mort d'un frère, d'un confrère, d'un frère, d'un parent, d'un ami. Et, nous ne pouvons, à cet instant, éviter de penser à notre propre mort qui viendra assurément un jour ou l'autre. Cette pensée de la mort nous attriste et, dans une bonne mesure, cela est normal.
Surgit alors pour nous aussi l'ami qui vient nous expliquer que la vie ici-bas est d'abord un passage et que la tristesse causée par le départ d'un être cher doit céder le pas à la conviction que nous reverrons un jour ceux et celles qui sont morts. Comme il l'a fait pour les disciples d'Emmaüs Jésus peut aussi réchauffer notre coeur. Et si nous lui demandons de rester avec nous quand nous nous sentons envahis par les ténèbres de la tristesse et de l'inquiétude, il saura également nous réconforter et faire revenir en nous la lumière et la paix. Comme les disciples d'Emmaüs, c'est à la fraction du pain, au moment de la messe, que nos yeux sont invités à découvrir le sens de la mort qui peut nous conduire à la vie éternelle. L'eucharistie nous redira que les liens que nous tissons ici-bas visent à préparer les liens plus durables que nous pouvons tisser avec le Seigneur et dans lesquels nous retrouverons tous ceux et celles que nous avons aimés et dont nous avons été aimés.
Amen.
Tout jeune prêtre, à sa sortie du Grand Séminaire, on lui demandait d'exercer des fonctions d'enseignement auprès des étudiants du Petit Séminaire. Il s'y est consacré avec diligence, s'appliquant à être le plus possible fidèle aux modèles d'éducateur que l'institution avait abondamment offerts au cours des années.
Par la suite, il est invité à mettre au service de l'administration de la maison les qualités de précision et d'exactitude qu'on avait décelées chez lui. C'est avec courtoisie et un constant souci de servir qu'il s'est acquitté de ces nouvelles tâches.
Pendant plus de trente ans, il a été membre du Chapitre métropolitain de Québec. Avec assiduité, avec conviction, il a exercé le ministère de la prière quotidienne, avec ses confrères chanoines, à la demande des évêques qui se sont succédé à Québec et qui étaient tous soucieux d'appeler les lumières de Dieu sur l'Eglise de Québec, dont ils avaient la charge.
Les convictions intimes qui ont animé et guidé le chanoine Simard durant toute sa vie et qu'il avait reçues de sa famille lui ont permis de traverser les dernières épreuves de la maladie et de la mort en laissant autour de lui un bel exemple de courage et de fermeté d'âme. En ce moment, c'est à Dieu que nous venons confier notre frère qui a toujours su puiser force et persévérance dans sa providence paternelle.
Au début de notre célébration, nous avons entendu des textes de la Parole de Dieu et ce sont ces textes qui s'offrent à nourrir notre prière et notre réflexion.
En particulier, le magnifique récit des disciples d'Emmaüs revenant de Jérusalem vient nous apporter une apaisante lumière dans les circonstances qui nous rassemblent. Il n'y a pas d'éclat, pas de mots inutiles dans le récit de cette simple rencontre qui survient quelques jours après la passion de Jésus sur la route qui conduit à Emmaüs. Nous sommes en présence de deux hommes profondément tristes qui marchent sur un chemin de poussière et qui sont rejoints par un inconnu.
La tristesse des deux marcheurs est bien compréhensible. Ils avaient misé sur ce Jésus qui leur présentait toutes les garanties du sérieux et du dynamisme. Un homme assez extraordinaire pour séduire les foules et faire donner aux disciples le meilleur d'eux-mêmes. Un homme d'une bonté et d'une largeur de vue incomparable. Un homme que ses compatriotes auraient voulu se donner comme roi. Or, cet ami qu'ils avaient suivi et en qui ils avaient cru, voilà qu'il avait été capturé, condamné et mis à mort comme un malfaiteur. Les raisons d'être tristes pour ces hommes sont toutes là. Et, le découragement n'est pas loin. L'inconnu écoute le récit des deux hommes et parait sympathiser avec eux. Mais cela ne l'empêche pas de les corriger adroitement et de leur reprocher leur lenteur à comprendre. Il se met alors à leur expliquer comment la mort de leur ami pouvait avoir un sens, comment l'absurdité de sa passion n'était qu'apparente. Il leur montre que la mort de Jésus pourrait bien ne pas être la fin de tout, mais plutôt le commencement d'une nouvelle réalité.
A mesure que l'inconnu parle et donne des explications, les deux marcheurs se sentent revivre et s'aperçoivent qu'ils ont oublié, dans leur tristesse, de grands pans de leur histoire. Le rappel de ce qu'ont dit Moïse et les prophètes fait remonter' à la mémoire des deux disciples ce qui était contenu dans les Écritures et dont ils auraient dû se souvenir: le Messie, envoyé par Dieu, devait souffrir; il devait mourir aussi avant de revenir à la vie. C'est ainsi que, devaient s'accomplir toutes les promesses divines: le Fils de Dieu devait ressusciter et, par sa résurrection, entrainer tous les êtres humains à participer avec lui à la vie éternelle.
Il n'est pas nécessaire d'expliquer longuement comment ce récit des disciples d'Emmaüs nous concerne tous nous aussi. Nous sommes tristes comme les marcheurs d'Emmaüs quand nous nous retrouvons, comme en ce moment, confrontés à la réalité de la mort. Aujourd'hui, nous éprouvons du regret à la suite de la mort d'un frère, d'un confrère, d'un frère, d'un parent, d'un ami. Et, nous ne pouvons, à cet instant, éviter de penser à notre propre mort qui viendra assurément un jour ou l'autre. Cette pensée de la mort nous attriste et, dans une bonne mesure, cela est normal.
Surgit alors pour nous aussi l'ami qui vient nous expliquer que la vie ici-bas est d'abord un passage et que la tristesse causée par le départ d'un être cher doit céder le pas à la conviction que nous reverrons un jour ceux et celles qui sont morts. Comme il l'a fait pour les disciples d'Emmaüs Jésus peut aussi réchauffer notre coeur. Et si nous lui demandons de rester avec nous quand nous nous sentons envahis par les ténèbres de la tristesse et de l'inquiétude, il saura également nous réconforter et faire revenir en nous la lumière et la paix. Comme les disciples d'Emmaüs, c'est à la fraction du pain, au moment de la messe, que nos yeux sont invités à découvrir le sens de la mort qui peut nous conduire à la vie éternelle. L'eucharistie nous redira que les liens que nous tissons ici-bas visent à préparer les liens plus durables que nous pouvons tisser avec le Seigneur et dans lesquels nous retrouverons tous ceux et celles que nous avons aimés et dont nous avons été aimés.
Amen.